À l’heure où s’achève une nouvelle année, l’exercice du bilan s’impose.
Fin 2024, dans un marché fortement polarisé et dominé par l’exceptionnalisme américain, nous conservions une vue directionnelle constructive sur les marchés actions, tout en anticipant un rééquilibrage — voire une rotation — des dynamiques de performance. Dans notre précédente lettre annuelle, nous écrivions ainsi :
« En dehors des États-Unis, le style Value semble notamment avoir touché un point bas en 2021.»
Et plus loin :
« Sans préjuger de ce que pourrait être la performance des indices en 2025, dans un environnement de marchés normalisés, les marchés actions devraient continuer à offrir — sur un horizon moyen terme — le rendement annualisé qu’ils ont délivré historiquement (de l’ordre de 7 à 8 % par an, ajusté de l’inflation). »
Ces anticipations se sont, dans l’ensemble, vérifiées.
Les marchés actions mondiaux ont progressé d’environ +20% sur l’année (indice MSCI World NR en dollars), prolongeant le cycle haussier engagé depuis fin 2022.
Cette performance repose sur des ressorts désormais bien identifiés : désinflation maîtrisée, résilience macroéconomique, assouplissement monétaire et rebond des marges des entreprises. Mais elle tient aussi - et surtout - à une expansion des multiples, redevenue, en dehors des États-Unis, le principal moteur de la performance.
Derrière cette dynamique globale se cachent toutefois de fortes divergences géographiques et stylistiques. Après trois années de déséquilibres marqués - entre l’Amérique de la croissance et l’Europe de la valeur - les marchés vont-ils amorcer une phase de convergence. À mesure que l’expansion des multiples atteint ses limites, les bénéfices redeviendront-ils le moteur dominant de la performance ? Le récit du progrès technologique saura-t-il s’ancrer durablement dans la réalité économique ?
En 2026, les « mythologies » de marché pourraient-elles enfin s’équilibrer et rappeler que, comme dans les récits antiques, l’élévation durable suppose la mesure ?
